Faut-il se débarrasser de l’Etat de droit ? - Par Erwan Le Noan


«C’est parce que trop de citoyens ont l’impression que l’Etat a failli dans sa mission régalienne de protection que peuvent prospérer ces discours mortifères »


« La porte de la cellule claqua derrière Roubachov. » Avec quelques mots qu’il emploie pour ouvrir Le Zéro et l’infini, Koestler décrit un univers où, aussi puissant qu’il fût, un homme peut être emprisonné, torturé et exécuté par la simple volonté d’un autre, jaloux de son pouvoir. L’écho est immédiat avec les premières lignes du Procès de Kafka : « on avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. » Ces deux chefs-d’œuvre de la littérature ont en commun de mettre en scène l’arbitraire et de dévoiler, par un jeu d’effet miroir, ce que serait l’absence d’Etat de droit.


Hayek a bien montré, dans Droit, législation et liberté, combien borner le pouvoir par le droit est un fondement indispensable de la démocratie. Il n’est pas inutile de le rappeler : l’Etat de droit est la meilleure garantie de notre liberté et de notre sécurité.