La réindustrialisation de la France est bien mal partie - Par Claude Sicard
La France a un urgent besoin de se réindustrialiser et le redressement de son économie tient précisément à la réussite de ce difficile pari.
Beaucoup de temps a été perdu du fait que nos autorités se sont fondées sur la loi dite des trois secteurs de l’économie qui voudrait qu’une société moderne soit une société « postindustrielle ».
Comme nous l’avons montré dans d’autres articles, les travaux de Jean Fourastié sur l’évolution des sociétés ont été mal interprétés. Dans Le grand espoir du XXe siècle paru en 1949, un ouvrage au succès considérable, cet économiste avait mis en évidence les évolutions en termes d’emplois, et non pas de valeur ajoutée. Nos dirigeants ont trop vite conclu qu’une société moderne est une société sans industrie. Fourastié avait pourtant bien pris comme critères de classification des activités la vitesse à laquelle évolue le progrès technique. Une société moderne a des effectifs industriels effectivement limités mais la valeur ajoutée par personne est devenue très importante de sorte que le secteur secondaire continue à figurer en bonne place dans le PIB des sociétés avancées.
Cette erreur impardonnable a conduit l’économie française à la ruine : le secteur industriel ne contribue plus que pour 10 % à la formation du PIB alors que ce ratio devrait normalement avoisiner 18% à 20 % du PIB. La France est à présent le pays le plus désindustrialisé de tous les pays européens, la Grèce mise à part. Il s’agit donc maintenant de remonter la pente en réindustrialisant au plus vite le pays. Mais l’environnement n’est guère favorable à la réussite de ce pari. D’une part la fiscalité qui pèse sur les entreprises est trop lourde et la compétitivité des entreprises industrielles s’en ressent fortement. D’autre part, le droit du travail alourdit considérablement la gestion des entreprises et les empêche d’être flexibles en les paralysant.
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