Immigration : Propositions pour une politique intégrale - ParJean-Thomas Lesueur (Institut Thomas More)
Alors que la France a décidé de recevoir sur son sol les migrants du bateau Ocean Viking, dont certains ont déjà fui le centre où ils étaient accueillis, et alors qu’un débat parlementaire se prépare autour de la nouvelle loi Immigration, l’Institut Thomas More publie le nouveau rapport de son directeur général, Jean-Thomas Lesueur.
Prenant le contrepied de la politique migratoire impuissante de l’exécutif, qui se nourrie d’une vision multiculturaliste de la société et d’un aquoibonisme technocratique, irresponsable et insouciant, Jean-Thomas Lesueur réaffirme le caractère éminemment politique de la question migratoire, qui ne saurait être vue comme une simple variable de la politique économique et sociale. Elle est au contraire une question existentielle en ce qu’elle touche à l’identité et à l’avenir du peuple français et de sa culture.
Fondé sur un état des lieux réaliste (flux légaux et illégaux considérables, capacités d’accueil à bout de souffle, modèle d’intégration en déroute, lien entre délinquance et immigration désormais avéré), le rapport propose d’envisager la réponse à cette situation critique par une « politique migratoire intégrale » ainsi définie : la mobilisation de dix leviers d’action mis au service de l’objectif prioritaire de baisse des flux légaux et illégaux et la convocation d’un authentique « volontarisme politique et culturel » mis au service d’un objectif d’assimilation assumé, plutôt que de simple intégration. Le rapport formule 48 propositions pour donner corps et direction à cette « politique intégrale ».
Jean-Thomas Lesueur: «Oui, la France peut retrouver la maîtrise de sa politique d’immigration»
LE FIGARO. - Le gouvernement veut créer un titre de séjour «métiers en tension». La France a-t-elle besoin d’une immigration de travail?
Jean-Thomas LESUEUR. - Cette proposition symbolise à elle seule l’impuissance et les facilités technocratiques qui font toute la politique de cet exécutif. Rappelons que, selon l’Insee, les immigrés représentent 17,3 % des chômeurs alors qu’ils représentent 10,6 % de la population active et qu’en 2019 le taux de chômage des étrangers (15,7 %) était deux fois plus élevé que celui des personnes de nationalité française (7,8 %).
Ces éléments suffisent à condamner la création d’un titre de séjour «métiers en tension». Mais trois autres arguments plaident également contre. Le premier est que cela revient à une régularisation de fait de travailleurs illégaux et à une renonciation à la lutte contre l’immigration illégale. Le deuxième est constitué par la réfutation, désormais solide et documentée, de la thèse de l’apport supposé indispensable des immigrés pour occuper certains postes dédaignés par les «natifs». Cette variable d’ajustement, présentée comme la seule possible, néglige la possibilité d’un ajustement par les salaires. Le troisième est plus structurel encore. Ce projet prend acte du fait que notre nation n’attire pas majoritairement des immigrés diplômés, mais plutôt des immigrés peu qualifiés - qu’on retrouve dans la restauration et les chantiers du bâtiment. C’est un aveu d’impuissance, pas une ambition pour le pays.
