Femmes afghanes, l’angle mort de nos progressistes - Par Valérie Toranian

En France, les néoféministes se mobilisent contre l’homme blanc occidental. Oubliées, les Afghanes, qui sont, elles, jetées en pâture aux islamistes…
Lorsque les talibans ont repris le pouvoir à Kaboul en août 2021, Jean-Yves Le Drian, alors ministre des Affaires étrangères, avait déclaré, sans rire, qu'il espérait les voir former un gouvernement « inclusif ». Car, avait-il argumenté, ce n'était pas « la même génération que ceux qui ont contrôlé l'Afghanistan entre 1996 et 2001 ». Telle était apparemment la thèse du Quai d'Orsay. Entre 2001 et 2021, les fondamentalistes auraient eu la révélation de la modernité.
Contrairement aux barbus obtus de l'époque du mollah Omar, les nouveaux talibans allaient pratiquer la charia all inclusive, la fusion du fondamentalisme pachtoune et de l'écoféminisme vegan, une synthèse postmoderne inédite qui allait en surprendre plus d'un ! Mediapart, toujours à la pointe de l'impartialité journalistique, avait même mis en garde les imbéciles qui s'épouvantaient du retour des bourreaux des femmes : il ne fallait se livrer à aucune conclusion hâtive car on « ne connaissait pas leurs intentions ».