Loris Chavanette: «Comment enrayer le mécanisme des dictatures ?»
Face au durcissement des régimes autoritaires, l'historien loue les révoltes de la jeunesse chinoise et iranienne. Chaque homme a le devoir moral de résister et de s'insurger contre les tyrannies, ce principe est au fondement de la dignité humaine, affirme-t-il.
Loris Chavanette est l'auteur, en particulier, de Quatre-vingt-quinze. La Terreur en procès (CNRS éditions, 2017, préfacé par l'historien Patrice Gueniffey), prix de thèse de l'Assemblée nationale 2013 et prix d'histoire de la Fondation Stéphane Bern-Institut de France 2018, et de Danton et Robespierre. Le choc de la Révolution (Passés composés, 2021). Il a également établi l'édition d'un choix de lettres de Napoléon, Napoléon. Entre l'éternité, l'océan et la nuit. Correspondance (Bouquins, 2020).
En 2022, de la manière la plus effarante qui soit, le monde s'est de nouveau scindé en deux. D'un côté, le bloc démocratique, celui ayant enfanté l'État de droit et les droits de l'homme. De l'autre côté, les régimes autoritaires bridant la démocratie, restreignant les libertés à peau de chagrin, et apposant une chape de plomb sur le tissu social. Après-guerre, le philosophe autrichien Karl Popper avait dénoncé ce modèle fermé à toute notion de progrès, de transparence, de respiration, ce refus d'une «société ouverte», et il ajoutait que «Plus on s'efforcera de revenir à ces temps héroïques, plus sûrement on se livrera à l'inquisition, à la police secrète, au gangstérisme romantique.» Les bûchers de l'Inquisition sont de retour à l'Est.
Telle est la mécanique de la terreur : exercer la contrainte à un tel niveau de violence, qu'une fois la preuve établie que l'opposant sera assurément réduit à néant, plus personne n'ose émettre la moindre critique.
L'homme a un devoir moral d'insubordination et de résistance aux tyrannies.
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