L’insoutenable légèreté du traitement de la question trans- Par Abnousse Shalmani

En Suède, les diagnostics de "dysphorie de genre" chez les filles ont augmenté de 1 500 % en dix ans. Jusqu’à ce que les pouvoirs publics mettent le holà aux traitements hormonaux avant 18 ans. Et si on s’en inspirait ?


C’est une promesse de campagne de la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon : la facilitation de l’acquisition d’un certificat établissant le genre qui "n’est pas celui qui a été assigné à la naissance". Le "Gender Recognition Reform (Scotland) Bill", en débat au Parlement écossais, permet donc de réclamer un nouveau certificat de naissance et d’obtenir la reconnaissance du changement de "genre" sur les papiers d’identité, le tout sans passer par la case médicale qui diagnostique - ou pas - une dysphorie de genre. Une simple déclaration suffit pour "commencer à vivre dans sa nouvelle identité de genre". Le souci avec de telles promesses de campagnes sociétales, c’est qu’elles sont aussi faciles à tenir que légères sur les conséquences à venir.

C’est presque fascinant : alors que la transsexualité pose de plus en plus de questions, que des signaux d’alarme résonnent enfin dans l’espace du débat, jamais il n’y a eu tant d’empressement à valider les changements de genre par déclaration ! Comme si face aux crises climatiques, énergétiques et démocratiques, face à la guerre et aux autocraties en puissance d’empire, les questions sociétales pouvaient servir de paravent aux politiques pour faire la preuve de leur capacité à faire avancer les choses. Comprenons-nous bien : la transsexualité est une réalité que l'on doit reconnaître et il faut combattre les discriminations dont ils peuvent être victimes au titre d’une minorité.