Laurent Alexandre : «Fusion nucléaire, la science va-t-elle sauver la planète ?»


Les États-Unis ont annoncé, mardi 13 décembre, une percée scientifique historique dans le domaine de la fusion nucléaire. Pour le Dr Laurent Alexandre, cette avancée technologique, qu'il convient de relativiser, montre que la décroissance n'est pas une solution viable à terme.


LE FIGARO. - Le Laboratoire national Lawrence Livermore aux États-Unis a annoncé ce mardi une «percée scientifique majeure» dans le domaine de la fusion nucléaire. De quoi s'agit-il concrètement ?

Laurent ALEXANDRE. -
Il y a deux manières de produire de l'énergie par le nucléaire. La méthode classique est la fission, cela consiste à casser des atomes d'uranium dans les réacteurs nucléaires traditionnels, qui sont au nombre de 56 en France. La seconde méthode, sur laquelle ce laboratoire travaille, est la fusion nucléaire. Il s'agit, au contraire, de regrouper deux isotopes de l'hydrogène pour faire un noyau d'hélium, c’est-à-dire un atome plus gros, ce qui libère de l'énergie. Dans les deux cas, la réaction engendre un gain d'énergie, la première en cassant les atomes dans un réacteur nucléaire, la seconde en fusionnant deux atomes en un plus gros atome. La fission ressemble à ce qu'il passe dans une bombe A même si une explosion nucléaire est impossible car l'uranium n'est pas suffisamment enrichi, la fusion se rapproche davantage de la bombe H et du fonctionnement du soleil.


La société préfère la croissance, la médecine moderne, la possibilité de voyager quand on le souhaite plutôt que la décroissance promue par une partie des ayatollahs verts.