Crise énergétique : les raisons d’un fiasco - Par Guillaume Bigot

S’il n’y a plus de gaz dans la cuisine, est-ce de la faute à Poutine ? En partie, mais en partie seulement répond Guillaume Bigot qui identifie trois causes distinctes à la crise énergétique que nous traversons.


La pénurie d’électricité à laquelle les autorités nous préparent lentement mais sûrement doit être analysée comme l’une des manifestations d’une crise énergétique globale qui se manifeste aussi par une envolée des prix de l’énergie.

Cette crise énergétique procède de trois causes distinctes qui se synchronisent de manière diabolique. Pour bien le comprendre, commençons par expliquer comment l’inflation des prix de l’énergie nous appauvrie. Si le prix de l’énergie augmente, tous les prix augmentent. Et comme nos salaires et nos revenus, eux, n’augmentent pas, nous sommes donc confrontés à un choix.

Soit, nous produisons, nous consommons, nous nous chauffons moins, c’est la fameuse sobriété mais celle-ci tend aussi à ralentir la croissance. Soit, sans réduire nos besoins, nous payons plus cher notre énergie.

Les raisons de l’envolée des prix de l’énergie

Mais dans les deux cas, nous nous appauvrissons. Et tant que nous ne nous attaquons pas aux racines de cette crise, nous ne pourrons stopper cette récession par inflation énergétique. Alors, pourquoi le prix de l’énergie s’est mis ainsi à flamber?

[Bigot] Crise énergétique : les raisons d'un fiasco - Valeurs actuelles

D’abord, en raison de la guerre en Ukraine et de ses effets en cascade (sanctions puis spéculations), c’est la première raison.

Mais il y a une deuxième raison à cette envolée des prix de l’énergie, c’est l’existence du marché européen de l’électricité et l’aveuglement idéologique du gouvernement français qui refuse obstinément d’en sortir, exactement comme il avait refusé de fermer les frontières pendant la crise sanitaire ou comme il refuse de sortir de la CEDH ou de Schengen pour maîtriser les flux migratoires.

Par électoralisme (complaire à EELV), par européisme (Fessenheim, c’est proche de la frontière allemande comme l’a avoué Emmanuel Macron mais aussi car produire 70 % d’électricité nucléaire c’était une anomalie à corriger au plus vite comme nous l’expliquait le même), mais aussi par écologisme (soi-disant favoriser des énergies décarbonées), Emmanuel Macron a volontairement abimé notre filière nucléaire.