Alors que 40 policiers ont à nouveau été blessés lors de la soirée ayant suivi la demi-finale France Maroc, il est surprenant que les questions politiques de fond s’effacent derrière de simples analyses sécuritaires.
Le dispositif de sécurité inédit mis en place pour le match France-Maroc (10 000 policiers et gendarmes mobilisés, l’absence de fan zones dans les grandes villes et des demandes de suspension des services de transport qui s’étaient exprimées à travers tout le territoire), tout cela n'aura pas suffi à faire de la soirée de mercredi une fête bon enfant et familiale comme d'aucuns se plaisent à le marteler. À l'heure des réseaux sociaux - merci aux ingénieurs du numérique ! -, la méthode Coué ne peut plus fonctionner. Pléthore d'images et de vidéos circulent sur la toile. Bilan de la soirée : 40 policiers blessés, un mort, 266 interpellations, véhicules incendiés et nombreuses dégradations. Selon le commissaire de police David Le Bars, « sans ce dispositif policier, il y aurait eu du pillage et des exactions très graves à certains endroits »... Désormais, que les équipes nationales des pays d'origine gagnent ou perdent, le résultat est le même : la France encourt le risque d’être violentée et une partie de ses commerces vandalisés. Quel spectacle offrons-nous au monde entier ? Un pays qui a longtemps été une destination touristique qui faisait rêver…
Étrangement, les questions de fond ne sont pas mises sur la table. Pourtant, la gravité de l'heure impose de ne rien éluder des causes des tensions qui grandissent dangereusement, année après année, pas seulement en France mais dans tous les pays d'Europe qui ont accueilli les mêmes flux migratoires.