Jean-Éric Schoettl : «Grève dans les transports publics, une évolution de la loi est désormais indispensable»
L’impuissance de l’exécutif envers les grévistes de la SNCF est aujourd’hui réelle, mais n’a rien d’inéluctable. Elle résulte du refus des gouvernements successifs, depuis l’après-guerre, d’assumer leurs responsabilités en la matière, explique l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel.
L’impuissance des pouvoirs publics devant une grève des contrôleurs de la SNCF qui a perturbé gravement la vie de 200.000 personnes à Noël rappelle leur impuissance dans d’autres domaines (éducation, sécurité, immigration…) dont la régulation, parce qu’elle est essentielle à la paix civile, à la cohésion sociale et à l’ordre public, commanderait la fermeté.
Face à des désordres qui sapent la confiance de la collectivité envers son État, nos dirigeants communiquent au lieu d’agir, tentant de compenser leur inaction par des protestations de compassion, des exhortations au dialogue et des appels à la responsabilité. On voit ainsi la première ministre féliciter les syndicats de la SNCF de se contenter de gâcher Noël, alors qu’ils ont déposé des préavis de grève pour l’ensemble des fêtes de fin d’année et concouru ainsi à leur «débordement» par un collectif créé sur Facebook.
Le pouvoir politique ne peut plus cantonner son propre rôle aux prêches et aux objurgations. Il doit prendre les mesures - administratives, législatives ou, au besoin, constitutionnelles - propres à concilier le droit de grève avec tous les autres droits qui lui sont si souvent sacrifiés
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