Electricité : renouvelables et pointes de demande - Par Rémy Prud’homme

Les prosélytes de l’énergie renouvelable ne cessent de répéter que les plus grands investissements dans ce secteur sont parfaitement justifiés. Pourtant, les renouvelables sont très loin de suffire aux besoins des Français aux heures de pointe lors des soirs d’hiver. Analyse.


RTE (Réseau de transport de l’électricité) écrit souvent des bêtises sur les renouvelables intermittents, mais en même temps publie des chiffres précieux qui prouvent le caractère erroné (pour ne pas dire mensonger) de ses propres affirmations. Tapez « eco2mix », et apparait sur votre écran un joli graphique qui donne en temps réel la production d’électricité par origine (nucléaire, hydraulique, etc.) par quart d’heure. Celui d’hier soir, lundi 5 décembre 2022, en dit long sur l’incapacité des renouvelables intermittents à faire face aux pointes de demandes. Tout le monde devrait savoir ça, mais malheureusement beaucoup l’ignorent.

La journée du 5 décembre en France était froide, mais pas exceptionnellement froide, la demande d’électricité assez soutenue. Elle a culminé à 19h, ce qui est généralement l’heure de la pointe quotidienne. A cette heure-là, il faisait noir, et la production d’électricité photovoltaïque était évidemment égale à zéro. Il n’y avait pas beaucoup de vent, et la production d’électricité éolienne – et donc la production de renouvelable – était égale à 3% de la production française. C’est peu. C’est vingt fois moins que la production de nucléaire à la même heure, production pourtant anormalement basse du fait des fermetures temporaires d’une quinzaine de centrales. C’est égal à la production des centrales au charbon que l’on devait fermer, promis-juré, mais que l’on a heureusement gardées ou rouvertes.