Energie et CO2: Raison, émotion ou religion ? - Par Pascal Richet

Entretenu par les grands médias et des militants actifs de la cause climatique, un catastrophisme ambiant imprègne le grand public. C’est particulièrement le cas des jeunes générations à qui on fait entrevoir un proche avenir rythmé des désordres climatiques les plus sombres dont un avant-goût est d’ores et déjà donné par tout ouragan puissant, inondation sévère ou forte canicule. Cette crise climatique, explique-t-on, est due à un réchauffement global de l’atmosphère et des océans qui a pour origine les activités humaines via la production de gaz à effet de serre.


Le principal de ces gaz émis est le dioxyde de carbone (CO2), dont l’équivalent de 36 milliards de tonnes a été émis en 2021, principalement via la combustion de pétrole, de gaz (surtout méthane), de charbon et d’autres substances pour la plupart extraites du sous-sol, d’où l’épithète fossile accolée à ces sources d’énergie. De la fin du XIXe siècle au début du XXIe, la teneur en CO2 de l’atmosphère est ainsi passée de 0,03 à 0,04 %. Cette augmentation aurait engendré une situation tellement préoccupante, entend-on parfois dire, qu’il faudrait qualifier de crime contre l’humanité toute politique ayant pour conséquence d’aggraver le réchauffement de la planète, et de négationnistes ceux qui nient la réalité de l’urgence climatique à l’image de ceux qui nient le drame de la Shoah.

Cesser d’interférer dangereusement avec la nature et assurer ainsi l’avenir des générations futures impose donc de procéder à une transition écologique qui assurera une « neutralité carbone » à l’horizon de quelques décennies. Toute personne sensée partage bien sûr l’opinion selon laquelle il faut ménager les ressources de la planète et limiter autant que possible l’impact des activités humaines afin de préserver en particulier la biodiversité dont l’importance est justement soulignée à l’heure actuelle. La raison s’efface cependant devant l’émotion, voire se dissout dans des attitudes de nature religieuse quand il s’agit de passer à l’acte. Comme on va le voir, des mesures « fortes » arrêtées en Europe dans cet esprit, telle l’interdiction en 2035 de la vente de véhicules à moteur thermique, pourraient en réalité être clairement contre-productives au regard du but visé.