25 mai 1720 : la malédiction du Grand-Saint-Antoine


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Le 25 mai 1720, le navire marchand Grand-Saint-Antoine arrive à Marseille après un long périple depuis la Syrie, alors ravagée par la peste bubonique. Malgré plusieurs morts à bord durant le voyage, le capitaine Chataud présente des patentes nettes attestant d’une prétendue bonne santé du navire, obtenues grâce à des complaisances administratives . Les autorités marseillaises, soucieuses de préserver le commerce, minimisent les risques et autorisent le débarquement partiel des marchandises destinées à la foire de Beaucaire. Les premiers décès suspects parmi les portefaix sont ignorés ou mal diagnostiqués, retardant les mesures sanitaires essentielles. La peste se propage alors rapidement dans la ville, touchant d’abord les quartiers pauvres avant d’embraser toute Marseille. Le bilan est catastrophique : 40 000 morts à Marseille et 120 000 en Provence. L’épidémie ne s’éteint qu’en 1721, avec quelques résurgences jusqu’en 1723.