Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Figure populaire du XVIIIᵉ siècle, Louis Mandrin est exécuté le
26 mai 1755 à Valence après un procès expéditif. Rien ne le destinait à devenir chef de bande, sinon une série de revers : la mort de son père, une rixe en 1753 qui le condamne à être roué vif, et l’exécution d’un de ses frères pour faux-monnayage. Entré dans l’illégalité, il prend la tête d’une vaste organisation de contrebande en 1754.
Mandrin dirige jusqu’à trois cents hommes, opérant entre Suisse, Savoie et France, transportant tabac, tissus, poudre, plomb ou produits coloniaux. Son audace culmine lorsqu’il force les fermiers généraux à commercer avec lui, ridiculisant ces collecteurs d’impôts honnis. Soutenu par une partie de la population, il mène six campagnes rapides avant d’être capturé le 11 mai 1755. Il meurt courageusement, laissant une légende durable de justicier rebelle.