Mali : « Le scénario d’un effondrement similaire à celui vu en Afghanistan n’est pas à exclure » - Par Djallil Lounnas
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L’offensive coordonnée du 25 avril 2026 au Mali révèle une
recomposition majeure du paysage armé sahélien. Contre toute attente, le Front
de libération de l’Azawad (FLA), mouvement touareg nationaliste et non
théocratique, a mené une attaque conjointe avec le JNIM, organisation affiliée
à Al-Qaïda. Pour le professeur associé de relations internationales à
l’Université Al Aakhawayn (Maroc) Djallil Lounnas, cette convergence, en
apparence paradoxale, s’inscrit dans l’effondrement progressif de l’accord
d’Alger, la militarisation du conflit et l’échec des tentatives de
stabilisation.
Le JNIM, né en 2017 de la fusion de plusieurs factions
djihadistes, applique une stratégie d’ancrage local inspirée d’Ayman
al-Zawahiri, combinant prédication, alliances tactiques et gestion prudente des
territoires. Le rapprochement avec le FLA repose sur des liens anciens,
personnels et familiaux, ainsi que sur des médiations locales visant à éviter
les affrontements directs.
Une alliance durable reste toutefois incertaine : le FLA
exige du JNIM une rupture avec Al-Qaïda, l’abandon des méthodes djihadistes les
plus radicales et un recentrage sur un agenda strictement malien. Plusieurs
scénarios se dessinent : un compromis politique difficile, une chute possible
de Bamako en cas d’alliance élargie, ou un effondrement total de l’État malien,
comparable à l’Afghanistan ou à la Somalie, avec un risque majeur de
déstabilisation régionale.
