Dénatalité française : "balançoires vides", le point de bascule ? - Par Maxime Sbaihi
L’INSEE a publié mardi 14 janvier le bilan démographique de la France 2024 : à 1,62 enfant par femme, le taux de fécondité n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale et l’Hexagone compte seulement 663 000 naissances (contre 2 enfants par femme en 2014, et 1,53 enfant par femme en moyenne dans l’UE depuis 2014).
Ce chiffre, encore en baisse depuis 2023, se combine avec la hausse record de l’espérance de vie (85,6 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes), rappelant un vieillissement de la population que le "réarmement démographique" annoncé en janvier 2024 voudrait enrayer. Aujourd’hui, la dénatalité inquiète et redonne toute son actualité au "il n’est de richesse que d’hommes" de Jean Bodin (1576). Au-delà des derniers chiffres, quelles sont les grandes tendances démographiques qui se dégagent et quelles sont leurs conséquences ?
Entretien avec Maxime Sbaihi, notre expert-associé sur les questions économiques et démographiques, qui vient de consacrer un essai à ce sujet, Les Balançoires vides (Éditions de l’Observatoire).
"La population française a continué d’augmenter en 2024, plus lentement qu’en 2023 et presque uniquement grâce au solde migratoire qui assure désormais les neuf dixièmes de notre croissance démographique."
"Plus grave que quelques points de croissance en moins, le risque, c’est que le retournement démographique à l'œuvre fasse basculer nos sociétés dans un nouveau Zeitgeist défaitiste."
"Une société moins jeune est en effet moins portée sur la prise de risque, moins propice à l’émergence d’innovations disruptives, c’est assez bien documenté par la recherche académique."
