Réforme de la police : "Le premier bilan n'est pas favorable" et ce n'est pas faute de vous avoir prévenu - Par Laurent Sailly

Un an après la mise en œuvre de la réforme de la police, Marc Cimamonti, a estimé que "le premier bilan n'est pas favorable" et d'ajouter que les "objectifs de la réforme n'apparaissent pas atteignables". Ce n'est pas faute de vous avoir prévenu...

Marc Cimamonti n'est autre que le procureur général de la Cour d'Appel de Versaillles.

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Ces critiques ont été émises par le haut magistrat, mardi 14 janvier, lors de l'audience solennelle de rentrée de la juridiction dans son discours, prononcé devant le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui avait piloté cette réforme lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

Le nombre d'enquêtes en cours reste "à un niveau élevé" voire est en augmentation, et que "les affaires économiques et financières sont délaissées", a souligné Marc Cimamonti.

Il a également estimé que "le manque d'attractivité et même la désaffection pour la filière judiciaire et l'investigation demeurent une constante".

Une réforme critiquée par des policiers et des magistrats relayée largement par Méchant Réac !

Lire : Réforme de la police judiciaire : Pourquoi nous sommes contre ! - Par Laurent Sailly, président du collectif #LCALP (mis à jour le 28 mai 2023)

La réforme, très décriée notamment dans les rangs de la police judiciaire, a placé tous les services de police du département - renseignement, sécurité publique, police aux frontières et PJ - sous l'autorité d'un seul directeur départemental de la police nationale, dépendant du préfet.

Malgré des rassemblements de policiers et de magistrats, la réforme s'est construite à marche forcée et est entrée pleinement en vigueur le 1er janvier 2024.

Elle a engendré un "repli départemental" qui nuit aux échanges "structurés" d'informations et à "une capacité d'action coordonnée" entre plusieurs départements ou régions face à la criminalité organisée, notamment le narcotrafic, selon Marc Cimamonti. À cause de ce manque d'informations, "on a du mal à cibler les équipes criminelles à un niveau supra-départemental", a ajouté le procureur général.