Pourquoi Donald Trump veut-il conquérir le Groenland ? - Par James Jay Carafano


Donald Trump a frappé les esprits. En affirmant qu’il voulait conquérir le Groenland, le canal du Panama et le Canada, il a témoigné de son impulsivité légendaire. Mais pourquoi de tels propos et cela est-il uniquement farfelu ? Entretien avec James Jay Carafano.


James Jay Carafano fut conseiller principal de Donald Trump durant son premier mandat. Il travaille aujourd’hui à la Heritage Foundation.

Propos recueillis par Henrik Werenskiold

Trump a fait beaucoup de bruit en Europe ces derniers temps avec ses déclarations sur la prise de contrôle du Groenland, du Canada et du canal de Panama, ainsi que sur le changement de nom du golfe du Mexique en golfe d’Amérique. En tant qu’ancien conseiller présidentiel, que pensez-vous de toutes ces déclarations ?

Vous savez, de telles déclarations sont très typiques de Trump, parce qu’il dit ces choses pour attirer l’attention, mais il n’y a pas beaucoup de sérieux derrière. Les gens disent toujours que « les gens qui ont voté pour Trump le prennent au sérieux mais pas au pied de la lettre, tandis que les gens qui le détestent le prennent au pied de la lettre mais pas au sérieux« .

L’objectif de ces déclarations est de montrer au monde que la doctrine Monroe est de retour. Au cours des dernières décennies, l’influence des Chinois, des Russes et des Iraniens s’est considérablement accrue dans l’hémisphère occidental, et ce phénomène s’est vraiment accéléré au cours des deux dernières années. M. Biden n’a rien fait pour résoudre ce problème, et c’est ce que fait M. Trump aujourd’hui.

Mais les États-Unis n’imposeront pas leur volonté à l’hémisphère occidental par des moyens coercitifs, parce que nous avons beaucoup de partenaires dans l’hémisphère qui partagent nos valeurs et nos croyances. Il faut y voir une manière pour Trump de signaler qu’il y a littéralement un nouveau shérif en ville, ou dans l’hémisphère. Les commentaires doivent donc être compris avant tout comme le fait que les États-Unis prennent la sécurité et les partenariats dans l’hémisphère occidental beaucoup plus au sérieux.

Prenons l’exemple des déclarations sur le Canada. Tous ces commentaires visent en fait à humilier M. Trudeau et la terrible gouvernance du pays sous sa direction. Mais la réalité est que le nouveau conservateur qui deviendra probablement le prochain Premier ministre du Canada, Pierre Marcel Poilievre, sera un partenaire parfait pour Trump, et ils s’entendront à merveille. Le Canada ne sera donc pas le 51e État ; c’est la façon dont Trump signale qu’il souhaite un changement de partenariat.