Contre-budgets LFI et RN : des trajectoires irréalistes* - Par Pierre-Antoine Delhommais


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Dans ses éditoriaux des 7 et 15 octobre 2026, Pierre-Antoine Delhommais (Le Point) dresse un portrait sévère des contre‑budgets présentés par Jean‑Luc Mélenchon et Marine Le Pen, soulignant une même logique : des promesses massives, des hypothèses fragiles et une faible crédibilité économique.

Du côté de LFI, Mélenchon propose 81,7 milliards d’euros de dépenses nouvelles, couvrant l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires, l’indexation des retraites, un revenu garanti pour les jeunes, la gratuité des cantines, des plans d’urgence pour l’hôpital ou le climat, et le retour de la retraite à 62 ans. Pour financer ces mesures, il prévoit 106,4 milliards de recettes supplémentaires, via une série de taxes ciblant les « riches » : ISF climatique, taxe Zucman, taxation accrue des héritages, suppression de la flat tax, rabotage des niches fiscales. L’éditorialiste dénonce un « festival d’impôts » et une continuité avec la tradition française de dépenses publiques croissantes, qualifiant Mélenchon de « macroniste qui s’ignore ». Il pointe aussi ses contradictions sur la dette et ses attaques contre la Banque de France et la BCE.

Le RN, de son côté, promet 140 milliards d’économies d’ici 2032, avec un équilibre primaire dès la première année. Marine Le Pen se pose en championne de l’orthodoxie budgétaire après avoir longtemps minimisé la dette. Mais les moyens annoncés sont jugés flous : lutte contre l’immigration et fraude à la TVA (55 milliards supposés), « corrections » du système de retraites (15 à 20 milliards), réduction indéterminée de la masse salariale publique. Delhommais souligne une incohérence profonde : le RN promet simultanément un choc de compétitivité et un choc de consommation, critique le keynésianisme tout en appelant la BCE à alléger les taux, et glisse des mesures déconnectées du contexte (comme la gratuité du permis de conduire).

Au final, le journaliste économique conclue que LFI et RN proposent des trajectoires budgétaires irréalistes, inquiétant les créanciers et reposant sur des postulats économiques contestés.

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