Jeunesse : de la révolte au retour au réel* - Par Monique Dagnaud

Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Dans trois articles de Telos, Monique Dagnaud, sociologue et directrice de recherches à l’EHESS, analyse les ressorts du malaise et de la révolte d’une partie de la jeunesse française.

Dans Jeunesse : déclassement ou cellule de dégrisement ?, elle relativise l’explication par le seul déclassement professionnel. Si certains diplômés occupent des emplois inférieurs à leur qualification, leur colère traduit surtout un désenchantement plus général : recul des promesses de mobilité sociale, inquiétudes climatiques et géopolitiques, fragilisation de la croyance dans le progrès.

Angoisses et frustrations prolonge cette analyse. L’autrice identifie deux facteurs alimentant le malaise lycéen : la restriction du smartphone, devenu central dans la sociabilité adolescente, et l’angoisse scolaire, particulièrement sensible dans les milieux populaires. Elle distingue toutefois ces difficultés de la légitimation des violences.

Enfin, La classe culturelle, la révolte en héritage élargit la perspective. Monique Dagnaud considère que les élites culturelles françaises entretiennent une mémoire valorisante de la révolte, héritée notamment de Mai 68. Elle invite à sortir d’une représentation victimaire de la jeunesse et à lui proposer plutôt un« retour au réel », fondé sur la résilience face aux défis économiques, sociaux et géopolitiques. 

Monique Dagnaud
*Jeunesse: déclassement ou cellule de dégrisement?

*Angoisses et frustrations

*La classe culturelle, la révolte en héritage