"Je souffre donc tout m’est permis" : les trois ressorts qui légitiment la violence - Par Julia de Funès
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Julia de Funès, écrivaine et conférencière, docteure en
philosophie et chroniqueuse à L’Express, analyse les discours qui finissent par
transformer la compréhension de la violence en justification morale.
Selon elle, les injustices, discriminations, humiliations ou difficultés sociales peuvent éclairer certaines colères, mais ne sauraient suffire à légitimer la destruction et la violence. Elle distingue trois procédés intellectuels qui contribuent à rendre l’inacceptable acceptable. Le premier consiste à confondre explication et justification : identifier les causes d’un acte ne signifie pas l’excuser. Le deuxième repose sur la victimisation, qui peut enfermer l’individu dans ce qu’il a subi et transformer sa souffrance en « certificat d’innocence ». Enfin, cette logique conduit à affaiblir la responsabilité individuelle. Julia de Funès défend ainsi une distinction essentielle : comprendre les déterminismes sociaux ne doit jamais conduire à déresponsabiliser les auteurs de violences.
