Gilles Kepel : « Le chaos du 17 octobre a révélé les failles de notre identité collective »
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Gilles Kepel, professeur émérite des universités et
auteur de Pèlerinage français (Albin Michel, 2026), analyse les
violences du 17 octobre comme le révélateur d’une profonde crise de l’identité
collective française. Selon lui, les revendications sociales initiales ont été
débordées par les pillages et les violences, tandis que les forces de l’ordre
et les partis politiques se sont montrés incapables de maîtriser ou
d’interpréter la situation. Il estime que l’ancien clivage droite-gauche ne
permet plus de traduire une fracture devenue essentiellement culturelle et
identitaire, opposant notamment différentes visions de la colonisation, du
« Sud global » et de la capacité à construire une société commune. Malgré ce
constat alarmant, Gilles Kepel refuse le fatalisme : l’histoire française
montre, selon lui, que de profondes divisions peuvent être surmontées. Il
appelle donc les futurs gouvernants à établir un diagnostic lucide des
fractures contemporaines plutôt qu’à les exploiter politiquement.
