14 octobre 1806 : la bataille d'Auerstaedt, la face cachée de la victoire d'Iéna


Le mot de Laurent Sailly

Interrogé un amateur de l’épopée napoléonienne en posant la question : « quelle victoire l’Empereur a-t-il remporté le 14 octobre 1806 ? », il vous répondra « Iéna ! ». Et il aura raison. Iéna ouvre à l'Empereur les portes de Berlin. Pourtant la bataille d'Auerstaedt, qui se déroule le même jour, est militairement plus fameuse que ne l'a été Iéna. Il est vrai qu’à Iéna, c’est l’Empereur lui-même qui conduisait la Grande armée. Mais rendons gloire au Maréchal Davout qui remporta une extraordinaire victoire à Auerstaedt.

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En 1806, l’Europe est sous tension : la Prusse s’inquiète de l’influence grandissante de Napoléon à travers la Confédération du Rhin. La reine Louise de Prusse attise l’hostilité contre la France, ce qui mène à la formation de la Quatrième Coalition (Prusse, Russie, Suède, Saxe, Royaume-Uni). Napoléon prend personnellement la tête de la Grande Armée et affronte le général prussien Hohenlohe à Iéna, où une manœuvre audacieuse permet aux Français de remporter une victoire écrasante : 12 000 pertes prussiennes et 14 000 prisonniers, contre 6 087 pertes françaises.

Simultanément, à Auerstaedt, le maréchal Davout, avec seulement 27 000 hommes, affronte les 60 500 soldats du duc de Brunswick. Malgré l’infériorité numérique, Davout remporte une victoire stratégique majeure grâce à des manœuvres brillantes, infligeant 13 000 pertes aux Prussiens contre 4 350 côté français.

Ces deux victoires anéantissent l’armée prussienne, réputée depuis Frédéric II. Napoléon entre à Berlin le 27 octobre, et les capitulations s’enchaînent. Le traité de Tilsit (1807) ampute la Prusse de moitié de son territoire. Davout, invaincu, est fait duc d’Auerstaedt et entre le premier dans Berlin.

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