Comment le Portugal a réussi à redresser ses finances publiques - Par Florentin Collomp
Le pays, qui figurait parmi les cancres de la zone euro, affichait l’an dernier un budget en excédent et l’une des croissances les plus dynamiques du continent.
Les Portugais se rendent aux urnes, dimanche, pour renouveler le Parlement, après plus de huit ans de règne du Parti socialiste, sous la houlette d’Antonio Costa, qui laisse un pays dans une situation économique à faire pâlir d’envie ses voisins de la zone euro.
Le premier ministre sortant de 62 ans ne se représente pas : il a annoncé en novembre la démission de son gouvernement, frappé par un scandale de corruption sur l’attribution de marchés dans les énergies renouvelables. Bien que son bureau ait été perquisitionné, lui-même n’est pas poursuivi et assure avoir « la conscience tranquille ». Il vise peut-être des responsabilités au sein de l’Union européenne après les élections de juin. Mais ce climat de défiance rebat les cartes politiques et ébranle une stabilité laborieusement acquise au fil des ans par le pays, englué dans la crise de la dette souveraine il y a un peu plus de dix ans.
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Les socialistes, menés par l’ancien ministre Pedro Nuno Santos, 46 ans, sont au coude-à-coude avec l’alliance à droite constituée par Luis Montenegro, 51 ans, du Parti social-démocrate, qui a pris un léger avantage dans les sondages ces derniers jours. Aucun des deux grands partis n’est toutefois assuré d’obtenir une majorité absolue. En embuscade, le jeune parti d’extrême droite Chega (« assez »), créé en 2019, pourrait être le faiseur de rois. Son chef, André Ventura, 41 ans, ancien journaliste sportif, a vu doubler ses intentions de vote à plus de 15 %, en misant habilement, notamment via les réseaux sociaux, sur le ressentiment de la population à l’égard des politiciens traditionnels dans ce climat de corruption.
Comment le Portugal a réussi à redresser ses finances publiques (lefigaro.fr)
