Conséquences de la loi « zéro artificialisation nette » : un désastre économique… pour zéro bénéfice environnemental - Par Vincent Bénard
Le spécialiste de l’immobilier commercial Arthur Lloyd a publié ses prévisions sur les conséquences de la loi « climat et résilience » et de ses dispositions connues sous l’acronyme ZAN ou « zéro artificialisation nette », prévoyant une division par 2 de l’espace annuellement urbanisable en France en 2030 par rapport à 2020, et une suppression de toute artificialisation nouvelle en 2050[1].
Les effets économiques en seront dramatiques : selon l’étude, plus de 1100 km2 manqueront à l’appel en 2030 pour répondre à l’ensemble des besoins de logements ou d’emplois. Toute la France serait touchée. Certes, les 20 bassins d’emplois les plus dynamiques, aux premiers rangs desquels Toulouse (31 km2 manquants), Bordeaux (23) et Nantes (19), qui ne représentent que 7% du territoire, comptabiliseront 25% du « manque à construire » total, mais seuls 6 bassins d’emplois du nord et de l’est conserveront un potentiel d’urbanisation supérieur à l’estimation de leur demande. La pénurie sera donc globale.
La compétition entre ménages et entreprises pour réussir à obtenir un droit à construire sur un foncier de moins en moins disponible va perpétuer la hausse stratosphérique des prix du foncier constructible, et donc de l’immobilier. Cela réduira encore le niveau de vie des ménages et renforcera leur précarité, et freinera fortement le développement des entreprises, la hausse des coûts immobiliers obérant leur capacité d’investissement dans l’outil de travail, la R&D, etc.
Rappelons qu’en France, le prix des logements a augmenté hors de proportion avec le revenu des ménages depuis le début du millénaire. Les données INSEE (graphes ci-dessous) font apparaître une très large déconnexion entre la variation du prix des logements[2], et celle du pouvoir d’achat des ménages[3].
