Mayotte ou l’illustration par le tragique de l’impasse migratoire française - Par Samuel-Frédéric Servière et Drieu Godefridi


Accueillir plus de migrants que ce que les capacités d’accueil du pays permettent de faire dignement n’a rien d’humain ni d’humanitaire.


Atlantico : Les militants pro-ouverture des frontières aiment souvent dire que la France et l’Europe peuvent bien accueillir quelques centaines de milliers de migrants de plus chaque année au regard de leur population totale et de leur richesse. L’immense tragédie vécue par Mayotte montre pourtant que des migrants vivant dans la précarité sur le territoire national sont exposés à des vies difficiles et à des dangers redoutables. En quoi, les ordres de grandeur réellement enregistrés permettent-ils de soutenir ce point de vue ou non ? Quels sont les chiffres de l’immigration pour Mayotte comme pour l’Hexagone ?

Samuel-Frédéric Servière : A Mayotte, d'après les dernières projections de l'INSEE et les calculs de la Fondation IFRAP, il est possible d'estimer qu'en 2023, la population étrangère représentait 54,8 % de la population mahoraise totale, qui s'élevait à 310.000 habitants. Soit 170.000 habitants à Mayotte.

En 2024, Cette proportion atteindrait 179.000 habitants, soit 55,8 % de la population totale, d’environ 321.000 habitants, cela constitue des augmentations de 8.822 étrangers en 2023 et de 9.185 étrangers en 2024. Elles représentent 83,5 % environ de l'accroissement naturel annuel sur chacune de ces deux années.

Pour la France, selon l'INSEE, la population immigrée était forte, en 2023, de 7,3 millions d'habitants, dont 2,5 millions d'immigrés naturalisés français, 4,8 millions d'immigrés de nationalité étrangère ainsi que 800.000 étrangers nés en France, qui ne sont pas considérés comme des immigrés. La principale différence est qu’à Mayotte, il est difficile de séparer certaines catégories alors que dans l’Hexagone, il y a un recensement et un compte séparé des personnes étrangères nées en France et des personnes immigrées, qu'elles soient d'origine étrangère ou naturalisées françaises.

Drieu Godefridi : L’immigration telle que la pratique la France, ce doux mélange de gauchisme et d’irresponsabilité financière, importe massivement des millions d’individus qui coûtent aux Français plus qu’ils ne le leur rapporteront jamais. La France s’aliène à elle-même; tandis que ses citoyens sont tabassés, violés, égorgés, et que le RAID fait une descente quand un septuagénaire a posté une vilaine pensée sur Facebook. Ces Français, longtemps soumis comme des moutons, commencent à sentir que l’époque ne leur est guère favorable. Soulignons d’emblée avec force que ce n’est pas l’immigration en tant que telle qui est le problème - tant de gens nés à 5000km de Paris contribuent grandement à notre civilisation - c’est l’immigration massive, indiscriminée de gens non formés et hostiles qui l’est.

En quoi ces chiffres atteignent-ils ou non le seuil de dépassement de notre capacité à intégrer des migrants tout en leur permettant de vivre dans des conditions décentes à Mayotte et dans l’Hexagone ?

Samuel-Frédéric Servière : L'insularité de Mayotte renforce encore les difficultés d'intégration. Pour vous donner un panorama global, le taux de chômage à Mayotte au sens du BIT (Bureau International du Travail) atteint 37 % en 2023, soit 29.000 personnes. L'emploi salarié représente 50.000 personnes. Selon l'INSEE, 55 % des emplois à Mayotte se concentrent dans le tertiaire non-marchand, dans l'emploi public et le secteur sanitaire et social. Comme souvent dans les départements d’Outre-mer, la logique de développement économique est tirée par la puissance publique.

Il est possible de mesurer l'étroitesse de l'emploi privé à Mayotte, le tertiaire marchand représente 29 % de l'emploi total, la construction 9 %, l'industrie 5 % et l'agriculture 2 %.

En comparant ces données aux moyennes nationales, le tertiaire non marchand au niveau national s’établit à 30 % de l’emploi alors qu’il se situe à 55 % à Mayotte. Le tertiaire marchand représente 50 % de l'emploi sur le plan national alors qu'il s’établit à 29 % à Mayotte. La construction concerne 7 % de l’emploi et l'industrie 11 %. L'agriculture est au même niveau en moyenne nationale et à Mayotte (2 %).

L’étroitesse du secteur privé sur l'île rend donc d’autant plus illusoire l'intégration par le travail des populations migrantes sachant qu'en outre le chômage atteint 37 %. Ce chiffre est par ailleurs sous-estimé du fait de la définition du BIT qui suppose une recherche active d'emploi. Or, il y a beaucoup de femmes mahoraises qui ne recherchent pas activement un emploi. Cela signifie que même la population active au sens du BIT, au chômage, en recherche d'emploi ou au travail, est elle-même faussée et la population réputée active atypique. D’autre part, de par les mœurs traditionnelles, les femmes sont au foyer et seuls les hommes travaillent: la société mahoraise reste très matriarcale.

En quoi ces chiffres atteignent-ils ou non le seuil de dépassement de notre capacité à intégrer des migrants tout en leur permettant de vivre dans des conditions décentes à Mayotte et dans l’Hexagone ?

Samuel-Frédéric Servière : L'insularité de Mayotte renforce encore les difficultés d'intégration. Pour vous donner un panorama global, le taux de chômage à Mayotte au sens du BIT (Bureau International du Travail) atteint 37 % en 2023, soit 29.000 personnes. L'emploi salarié représente 50.000 personnes. Selon l'INSEE, 55 % des emplois à Mayotte se concentrent dans le tertiaire non-marchand, dans l'emploi public et le secteur sanitaire et social. Comme souvent dans les départements d’Outre-mer, la logique de développement économique est tirée par la puissance publique.

Il est possible de mesurer l'étroitesse de l'emploi privé à Mayotte, le tertiaire marchand représente 29 % de l'emploi total, la construction 9 %, l'industrie 5 % et l'agriculture 2 %.

En comparant ces données aux moyennes nationales, le tertiaire non marchand au niveau national s’établit à 30 % de l’emploi alors qu’il se situe à 55 % à Mayotte. Le tertiaire marchand représente 50 % de l'emploi sur le plan national alors qu'il s’établit à 29 % à Mayotte. La construction concerne 7 % de l’emploi et l'industrie 11 %. L'agriculture est au même niveau en moyenne nationale et à Mayotte (2 %).

L’étroitesse du secteur privé sur l'île rend donc d’autant plus illusoire l'intégration par le travail des populations migrantes sachant qu'en outre le chômage atteint 37 %. Ce chiffre est par ailleurs sous-estimé du fait de la définition du BIT qui suppose une recherche active d'emploi. Or, il y a beaucoup de femmes mahoraises qui ne recherchent pas activement un emploi. Cela signifie que même la population active au sens du BIT, au chômage, en recherche d'emploi ou au travail, est elle-même faussée et la population réputée active atypique. D’autre part, de par les mœurs traditionnelles, les femmes sont au foyer et seuls les hommes travaillent: la société mahoraise reste très matriarcale.

Vivre dans un bidonville à Mayotte ou sous des tentes de fortune à Stalingrad à Paris est-il un sort préférable à celui que connaissent les migrants dans leurs pays d’origine ? En quoi la vision « généreuse » appliquée par la gauche sur les questions migratoires relève-t-elle aussi d’une part d’égoïsme ?

Drieu Godefridi : Il faut cesser de considérer la vision de la gauche et l’extrême gauche comme généreuse. Il n’y a strictement rien de généreux dans cette idéologie qui alimente de dizaines de milliards de gigantesques mafias de passeurs qui violent 90% des ‘migrantes’ qui leur passent dans les mains, enfants compris, et qui a fait de la Méditerranée un cimetière. La principale obsession de cette gauche malade est que les frontières restent béantes - ils en font une question de principe - et que de l’argent soit donné à ces migrants par nos pays ‘riches’ (ce que très bientôt la France ne sera plus). Énième variation de l’immortel préjugé égalitariste qui définit de tout éternité la pulsion fondamentale, l’étoile polaire du socialisme dans ses mille déclinaisons historico-idéologiques..

Peut-on considérer que les justices françaises et européennes outrepassent les droits qui leur sont institutionnellement confiés en établissant très régulièrement des jurisprudences qui dépouillent l’Etat de sa souveraineté migratoire ? N'y a-t-il pas une dérive au regard des décisions de la justice administrative interdisant la destruction de bidonvilles de Mayotte alors que leur caractère dangereux pour leurs propres habitants s’est pourtant tragiquement avéré vrai avec le cyclone Chido ou à travers les décisions sur les migrants mineurs qu’on ne veut pas renvoyer chez leurs parents au motif que le Maroc serait par ex un Etat dangereux ?

Drieu Godefridi : En dépit de Montesquieu, les Français n’ont jamais rien compris à la séparation des pouvoirs. Longtemps ils ont cru, sous l’influence des ineptes révolutionnaires de 1789, que lorsque le judiciaire n'est pas soumis à l’exécutif, c'est 'le gouvernement des juges'. Faux. La séparation des pouvoirs, au sens de Locke, Montesquieu, Aristote, exige l’indépendance du judiciaire. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui c’est un judiciaire qui, dans le domaine migratoire ou ‘vert', gouverne, c’est-à-dire impose sa propre loi à l’ensemble de la société, y compris l’exécutif et le législatif. Cela, en s’appuyant sur les jurisprudences de la CEDH et de la CJUE, elles-mêmes délirantes et qui l’emportent sur non seulement les juridictions, mais l’ensemble des pouvoirs nationaux français. Concrètement, dans le domaine migratoire, la CEDH gouverne l’Europe au sens le plus fort, dur et redoutable de ce terme. La CEDH est le Pouvoir, au sens de Jouvenel, dans la nudité sidérante d’un Minotaure qui, s'étant affranchi du texte de la Convention européenne des droits de l’homme, devient une loi vivante, la lex animata des Empereurs romains. Ceux qui parmi les juges français sont de gauche et d’extrême gauche - 30% sont des extrémistes de gauche revendiqués, rappelons-le - sont trop heureux de dicter la loi de cet hideux Minotaure au peuple français.

Les musulmans de Mayotte sont de plus en plus confrontés à l’importation d’un islam beaucoup plus rigoriste que le leur via les camps de réfugiés d’Afrique centrale. Y a-t-il aussi une pression identitaire derrière la crise actuelle ? En quoi Mayotte est-elle l’illustration par le tragique de l’impasse migratoire française ?

Drieu Godefridi : Depuis des années, Mayotte est aspergée d’argent par l’État français qui a institué ce confetti ‘ultramarin' en département français à part entière. Le soumettant, du fait même, à la délirante politique open borders qui sévit en Métropole. Pacte faustien s’il en fut jamais! La pratique paisible de l'islam à Mayotte se trouve dès lors submergée et subvertie par des militants islamistes radicaux qui viennent parfois de très loin en Afrique noire. Les citoyens de Mayotte vivent en pire et en accéléré l’aliénation que nous organisons en Europe. Nous devons, à l’instar des Américains, fermer hermétiquement nos frontières, déporter tous les clandestins, et mettre dans le même temps en place une politique d’immigration choisie, en fonction de nos besoins. Il n’y a pas d’alternative.