Nicolas Pouvreau-Monti : «Comment l’immigration plombe notre système de santé»

Différentes données mettent en lumière l’existence d’une « dette de santé », insoutenable à long terme et liée à notre politique généreuse en faveur des migrants, analyse, chiffres à l’appui, Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.


Ce fut donc par la « Sécu » que le gouvernement Barnier est tombé. L’adoption par l’Assemblée nationale, le mercredi 4 décembre, d’une motion de censure portant sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, a bouleversé le paysage politique et mis un terme – provisoire – aux débats politiques et parlementaires sur ce pan essentiel des dépenses publiques dans notre pays.

Il est assez notable que ceux-ci aient, jusqu’à présent, fait l’impasse sur un facteur majeur à l’œuvre dans ce domaine : celui de l’impact de notre politique d’immigration sur le système de santé. Au niveau mondial, les travaux scientifiques ont longtemps considéré que les personnes immigrées étaient généralement en meilleure santé que les populations natives des pays d’accueil – car globalement plus jeunes et en meilleure forme physique. C’est ce qu’on appelle le « healthy immigrant effect » (« phénomène de l’immigré en bonne santé »), qui est toujours observable aujourd’hui aux États-Unis, au Canada, en Australie...

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Les statistiques relatives à ce sujet sont rares dans notre pays, et leur accès apparaît anormalement confidentiel – la France étant, avec l’Albanie et la Turquie, l’un des seuls pays pour lesquels les microdonnées de l’enquête « Santé européenne » ne sont pas disponibles, selon Eurostat. L’analyse des données existantes permet cependant de poser un constat tout à fait frappant : l’état de santé général des immigrés en France est aujourd’hui significativement moins bon que celui des non-immigrés, ce qui les conduit à consommer plus de soins dans notre système de santé (notamment hospitalier), tout en contribuant moins au financement de celui-ci – en raison d’un taux d’emploi et de niveaux de revenus plus faibles en moyenne.

Dès 2014, une étude comparative au niveau européen a établi que les femmes immigrées en France avaient en moyenne 42 % de chances en moins que les natives de se déclarer en bonne santé, le ratio étant de 32 % pour les hommes immigrés. Ce constat s’est trouvé complété en 2023 par la parution de données calculées par la Drees : la part des femmes immigrées qui déclarent un mauvais état de santé général est supérieure de moitié à celle des femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés, tandis que la part des hommes immigrés qui déclarent un mauvais état de santé est supérieure d’un tiers à celle des hommes sans ascendance migratoire directe.