Transition de genre : mais pourquoi la Haute Autorité de santé publique ignore-t-elle les multiples avertissements et expertises qui se sont accumulés à l’étranger ? - Par Olivier Vial

Un document présentant les recommandations provisoires de la Haute Autorité de santé pour les personnes trans a été révélé par Le Figaro. Ces recommandations portent sur la conduite à adopter pour une demande de transition, la prescription d’hormones ou la chirurgie de réassignation de genre. Or, de plus en plus de pays pionniers sur les questions de transidentité ont tendance à revenir en arrière sur leurs politiques.


Atlantico : Vous avez publié un rapport, intitulé "Détrans, les Cassandre de la communauté trans", concernant le parcours, les regrets et les éventuels dangers rencontrés par certains membres de la communauté trans. Quelle est, à ce jour, la position de la Haute Autorité de Santé sur la transition de genre ? Pourquoi celle-ci fait-elle polémique ?

Olivier Vial :
La Haute Autorité de Santé préconise de faciliter les transitions de genre de tous ceux qui le souhaitent dès 16 ans. Elle insiste sur le fait qu’il ne faut surtout pas demander une évaluation psychiatrique spécifique ni un avis médical en cas de demande de transition. Le simple fait de déclarer souhaiter cette transition doit être, selon elle, suffisant pour entamer le parcours allant de la prise d’hormones aux opérations de chirurgie. Pour ce faire, elle prévoit de rendre plus simple, plus rapide et gratuit l’accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux. Plus inquiétant encore : selon elle, une telle démarche doit pouvoir se faire sans l’accord des parents. Épousant les thèses des mouvements activistes les plus radicaux, la Haute Autorité milite pour que l’on puisse demander la déchéance de l’autorité parentale des parents qui s’opposeraient à ce que leurs enfants mineurs transitionnent. On parle pourtant de thérapies extrêmement lourdes, tant sur le plan chirurgical que sur le plan hormonal, pour des individus qui ne sont pas encore majeurs et qui, à écouter la HAS, ne devraient pas avoir besoin de l’autorisation de leurs parents. Pas plus que celle des médecins et du personnel de santé, puisqu’il faudrait s’en remettre à des associations pour guider ces jeunes.

En d’autres termes, nous sommes en train de suivre à la lettre la feuille de route des militants transactivistes. Voilà une dizaine d’années, maintenant, qu’ils défendent ces positions. De toute évidence, leur travail de lobbying et d’infiltration commence à payer. Nous enquêtons à ce propos depuis 2014. À l’époque, on nous disait que la France se tiendrait évidemment éloignée de ce qui a pu être mis en place par des pays comme l’Angleterre ou la Suède. Force est de constater que, dans les faits, tout est allé très vite. De plus en plus de jeunes s’interrogeant sur une possible transition, ou simplement constatant un malaise lié au genre, se retrouvent désormais pris en charge par des associations qui les accompagnent auprès des personnels médicaux qu’ils ont eux-mêmes choisis. De plus en plus, ces associations exigent d’être consultées, voire d’être associées à certains des comités de la Haute Autorité de Santé.