A qui doit-on vraiment le prix du litre de carburant en France ?* - Par Samuel Furfari

Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Samuel Furfari, professeur en géopolitique de l’énergie depuis vingt ans, docteur en sciences appliquées et ancien haut fonctionnaire à la Direction générale de l’énergie de la Commission européenne pendant trente-six ans, analyse la flambée du prix des carburants en France comme le résultat d’un enchaînement de choix politiques et industriels défaillants. Il rappelle d’abord que la majorité du prix du litre provient des taxes : accises et TVA, conçues après-guerre pour financer l’État et aujourd’hui devenues indispensables au modèle social français.

Furfari souligne ensuite que la diésélisation du parc automobile, encouragée pendant des décennies, a créé une dépendance structurelle au diesel importé, notamment russe. L’UE ayant vilipendé les produits pétroliers, les raffineurs ont cessé d’investir, affaiblissant l’outil industriel européen et rendant l’approvisionnement vulnérable.

Il insiste sur le rôle de l’écologie punitive et de la priorité absolue donnée à la décarbonation, qui ont découragé les investissements et conduit à fermer des raffineries essentielles. La guerre en Ukraine n’est qu’un révélateur : les frappes sur les raffineries russes ont tendu le marché mondial du diesel, aggravant une fragilité déjà créée par vingt-cinq ans de décisions européennes erronées.

Pour le spécialiste de l’énergie, le prix du carburant résulte donc d’un mélange de fiscalité lourde, d’erreurs stratégiques et d’idéologie énergétique.

Samuel Furfari
*Trump, Poutine, les mollahs, les « super profits » ou… nous mêmes : à qui doit-on vraiment le prix du litre de carburant en France ?

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