Bras de fer transatlantique sur le diesel : et si Trump avait moins tort qu’il n’y paraît ? - Jean-Pierre Favennec, Samuel Furfari et Damien Ernst
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Donald Trump envisage de bloquer les exportations
américaines de diesel, une mesure à visée électorale destinée à faire
baisser les prix à la pompe pour les transporteurs et agriculteurs des États
charnières.
Le professeur Damien Ernst, titulaire à l’Université
de Liège et spécialiste des réseaux électriques intelligents, souligne que
cette stratégie s’inscrit dans une logique de découplage énergétique :
inonder le marché intérieur pour réduire les prix, tout en exerçant une
pression géopolitique sur l’Europe dépendante du diesel importé.
Pour Samuel Furfari, professeur de géopolitique de
l’énergie, docteur en sciences appliquées et ancien haut fonctionnaire à la
Commission européenne, Trump cherche avant tout à séduire un électorat clé
frappé par des prix record, quitte à ignorer les conséquences internationales.
Il rappelle que l’Europe, ayant fermé une grande partie de ses raffineries, se
retrouve dramatiquement vulnérable à une telle décision.
Enfin, Jean‑Pierre Favennec, spécialiste du pétrole
et professeur à l’École du Pétrole et des Moteurs, insiste sur l’impact mondial
: retirer le diesel américain du marché ferait exploser les prix internationaux
et plongerait l’Europe dans une crise énergétique majeure.
Tous trois convergent : la manœuvre de Trump pourrait
soulager les États-Unis, mais plonger l’Europe dans une crise sans précédent.
