Adhésion à l'UE: «L'Ukraine doit encore régler ses problèmes de corruption» - Par Guillaume Lagane

La Commission européenne a annoncé ce 17 juin qu'elle valide le dossier de candidature à l'adhésion de l'Ukraine L'octroi du statut de candidat n'est qu'une étape et Kiev reste loin des «standards» européen, explique le spécialiste des questions internationales Guillaume Lagane.


Spécialiste des questions de défense et de relations internationales, Guillaume Lagane est maître de conférences à Sciences Po.

LE FIGARO. - Les dirigeants français, allemand, italien et roumain ont dit être favorables à l'octroi «immédiat» à l'Ukraine du statut officiel de candidat à une adhésion à l'Union européenne, a déclaré Emmanuel Macron. Peu après, la Commission européenne a annoncé, ce 17 juin, la validation du dossier de candidature à l'adhésion de l'Ukraine. Comment l'interpréter cette déclaration ? À quoi le statut de candidat renvoie-t-il ?

Guillaume LAGANE. -
Cette déclaration est un message très fort venant de trois grands pays d'Europe de l'Ouest et de la Roumanie en faveur de l'octroi du statut de candidat à l'Ukraine, décision qui va être prise par le Conseil européen. Il faut souligner le changement de position de la part des États occidentaux, jusqu'ici réticents à l'idée que l'Ukraine, second pays européen par la taille, avec une population de 45 millions d'habitants, puisse devenir candidate.

La candidature d’un pays à l'UE l'engage dans un processus d'adhésion. Pour ce faire, ledit pays doit remplir les critères de Copenhague, c'est-à-dire-35 critères d'adhésion qui vont du respect de l'État de droit à celui de l'acquis communautaire (NDLR, l'aptitude à assumer les obligations découlant de l'adhésion, et notamment à souscrire aux objectifs de l'Union politique, économique et monétaire) en passant par des réformes économiques et sociales.