L’école est morte. Enfin ! - Par Jean-Baptiste Noé
Depuis quelques semaines fleurissent les articles et tribunes d’auteurs qui se lamentent sur la situation de l’éducation nationale. L’institution n’arrive plus à recruter, certaines académies, comme celle de Versailles sont contraintes d’organiser des « job dating » afin de trouver du personnel pour assurer les cours. L’école d’État est en décrépitude et à côté des pénuries de moutarde, d’huile de tournesol et d’essence nous devrions donc avoir des pénuries de professeurs à la rentrée 2022. Le coupable est tout entier désigné : la rémunération. Les professeurs ne seraient pas assez payés, ce qui explique les démissions et le manque de candidat aux concours. Il suffirait donc d’augmenter les salaires pour régler le problème. Ce qu’un État surendetté, mais malgré tout adepte du « quoi qu’il en coûte » ne manquera pas de faire.
Rebâtir l’école
La situation actuelle n’a rien de surprenant pour qui connait un tant soit peu l’éducation nationale. En 2017, je publiais Rebâtir l’école. Plaidoyer pour la liberté scolaire qui disait en substance deux choses : l’école publique sera morte dans 5 ans (soit 2022) et aura disparu dans 10 ans (soit 2027). La situation actuelle confirme cette analyse. À partir du moment où les parents ne veulent plus inscrire leurs enfants dans l’école d’État et où plus personne ne veut y travailler, cette école est morte. Encore 5 ans et elle aura disparu. Pour étayer ma thèse, je me fondais alors sur les rapports officiels de l’Éducation nationale, qui sont en accès libres. Ceux-ci fournissent beaucoup d’informations très utiles et passionnantes et notamment la démographie des professeurs.
