Extrême gauche vs extrême droite: certaines haines sont-elles plus acceptables que d’autres - Par Ferghane Azihari



Il y a neuf ans, la France débaptisait à bas bruit sa dernière rue Pétain. Preuve que l'iconoclasme n'a pas attendu l'arrivée de la cancel culture américaine pour faire œuvre utile. Toutes les rues de France sont désormais libérées du joug symbolique des tyrans. Toutes ? Non. De nombreux lieux résistent encore et toujours à la critique historique. Ainsi en est-il, par exemple, de ces boulevards, squares et autres rues – pas moins de soixante en France – affublés du nom de Lénine. C'est pourtant ce personnage que l'historien Stéphane Courtois désigne dans son dernier ouvrage comme l'inventeur du totalitarisme, tant il a érigé la terreur au rang d'institution. Staline ne fera que la perpétuer.

La toponymie française atteste le fait que la gauche radicale bénéficie de ce que Jean-François Revel appelait « la clause du totalitarisme le plus favorisé ». Les crimes communistes sont tantôt euphémisés, tantôt assimilés à la falsification de cette noble idéologie, quand ils ne sont pas excusés au nom de leurs « intentions bienveillantes ».

Fascination droitière ou idolâtrie de gauche

Cette indulgence n'est pas seulement l'apanage des partisans historiques des criminels de masse, à l'instar d'Alain Badiou et son soutien passé aux Khmers rouges. Elle défigure aussi les plumes les plus raisonnables. Dans un récent numéro de Franc-Tireur, l'essayiste Caroline Fourest veut nous persuader que l'extrême droite et l'extrême gauche ne présentent pas le même risque : « La première réunit des suffrages grâce à l'obsession raciste. La seconde promet au moins d'éradiquer la pauvreté. »