Le climat et la mort - Par Rémy Prud’homme
Comme vous savez, le dramatique réchauffement de la planète engendre à la fois d’épouvantables sécheresses et d’horrifiques inondations, qui sont en train de réduire drastiquement la production agricole, et qui vont inéluctablement nous faire tous mourir de faim. Sauf si nous multiplions immédiatement par dix le nombre des éoliennes et des panneaux solaires à grand coup de subventions.
Au dérèglement intellectuel ambiant, Le Figaro du 11 juin, l’un des journaux les plus sérieux de France, ajoute une touche nouvelle. Il écrit : « Les basses températures de l’est de l’océan Pacifique risquent d’aggraver la sécheresse en Afrique et les inondations en Asie », citant sans beaucoup de recul de soi-disant scientifiques.
Le hasard fait en effet que depuis un an ou deux, un phénomène météorologique bien connu, la Nina, refroidit une partie de l’océan Pacifique. Ce phénomène ne dit bien entendu rien du tout sur l’évolution à moyen terme du climat de la planète. Mais on pourrait imaginer qu’il incite les catastrophistes à un peu de prudence et de modération. Si le réchauffement engendre la fin du monde, le refroidissement devrait avoir l’effet inverse, et freiner notre glissade vers l’apocalypse. On pourrait s’en féliciter. Et bien pas du tout. Pour les collapsologues qui nous éclairent et pour ceux qui nous gouvernement, ce refroidissement est primo causé par le réchauffement, et secondo va accélérer la chute finale. On doit s’en désoler. Aristote et Descartes, s’ils lisent le Figaro, doivent bien rigoler.
