Déficit des retraites : pourquoi les chiffres sont faux depuis 20 ans - Par Nicolas Marquès (Etude de l'Institut Economique Molinari)
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit un excédent de 3 milliards d’euros pour le régime en 2022, avant un retour aux déficits. Mais pour l’Institut économique Molinari, le mode de calcul pour arriver à ces résultats n’est pas approprié et le déficit serait plus important qu’annoncé. En effet, les auteurs soulignent que la méthode de calcul du COR ne tient compte ni des déficits de l’Etat ni des surcotisations versées par les employeurs publics.
L’Institut économique Molinari publie une étude inédite chiffrant le déficit des retraites françaises en tenant compte du déficit de l’État et des déséquilibres des retraites des fonctionnaires, aspects oubliés par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Construite à partir des données officielles, cette étude offre une vision inédite des déséquilibres des retraites, qui sont un facteur explicatif du caractère systématique des déficits publics depuis le contre choc du Baby-boom.
Lire l’étude en français (version PDF) • Lire le communiqué français • Lire le communiqué anglais
SYNTHÈSE DE L’ÉTUDE
Le déficit des retraites est en moyenne huit fois plus élevé que celui calculé par le COR depuis 2002 Depuis 2002, le COR calcule le déficit des retraites avec une méthode contestable, omettant le déficit public et le caractère dérogatoire des taux de cotisation retraite en vigueur dans le secteur public.
Lorsqu’on corrige cet oubli, le déficit des retraites est en moyenne de 1,5 % du PIB depuis 2002. C’est huit fois plus que le déficit selon le COR (en moyenne 0,2 % du PIB depuis 2002), bien loin du « quasi équilibre » des retraites mis en avant par certains.
Le COR oublie 33 milliards de subventions compensant chaque année le déséquilibre des retraites des fonctionnaires.
Depuis 2002, le COR a oublié dans son calcul de déficit les subventions permettant d’équilibrer les retraites des fonctionnaires. Elles représentent 1,3 % du PIB par an depuis 2002, soit aujourd’hui 33 milliards.
Le COR ne tient pas compte du caractère dérogatoire des taux de cotisation retraite en vigueur dans le secteur public. Les cotisations représentent 85 % des traitements indiciaires bruts des fonctionnaires civils de l’Etat, soit trois fois plus que les cotisations retraite des salariés du privé (28 % des salaires bruts). Elles représentent 137 % pour les militaires et 42 % dans la fonction publique territoriale.
Les 2/3 des cotisations retraite des employeurs publics s’apparentent à des subventions d’équilibre masquant le déficit des retraites des fonctionnaires. Par rapport au secteur privé, l’Etat cotise 57 % de plus sur les traitements indiciaires bruts des fonctionnaires civils et 109 % de plus sur les traitements des militaires, tandis que la fonction publique territoriale cotise 14 % de plus.
REVUE DE PRESSE
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