Guillaume Bigot : Déclin de l’Occident ou faillite de la Russie ?


Vladimir Poutine diagnostique le déclin de l’Occident : a-t-il raison ? Pour Guillaume Bigot, tout dépend du sens des mots. Autant il est facile de définir la décadence, autant il est difficile de cerner à qui et à quoi elle s’applique lorsque l’on utilise le terme d’Occident.


La décadence ? La chute de Rome en offre l’exemple canonique. Lorsque Rome n’est plus dans Rome, lorsque l’arbre n’a plus de sève, une pichenette suffit à l’abattre. C’est ce qui s’est passé le 4 septembre 476, lorsque les barbares mettent à sac la capitale de l’Empire. La décadence est un processus de dévitalisation qui combine absence de confiance en soi et effondrement des croyances (à la veille de la chute de l’Empire, deux augures ne pouvaient croiser leur regard sans sourire) avec un affaiblissement. La décadence se manifeste aussi par l’appauvrissement monétaire, commercial, intellectuel — la montée de l’insécurité interne, la chute du taux de fécondité et la crise du recrutement dans les forces armées (plus de raison valable de combattre) accompagnant et préparant l’ouverture des frontières et fournissant le prélude aux invasions barbares. Tous ces phénomènes ne sont pas sans évoquer ce que nous pouvons observer aujourd’hui.
Mais qui est cet Occident dont la décadence serait entamée, aux dires de Poutine ?


Demain, dans l’extrême-orient russe, 25 millions de Russes feront face à 1 milliard 200 millions de Chinois.