Lola : l'indécence se trouve en amont des crimes, pas en aval - Par Philippe Bilger

Face à des crimes atroces, on a le droit de formuler quelques observations. Philippe Bilger replace le curseur de l’indécence sur les carences de l’Etat.


Face à des crimes atroces, on a le droit de formuler quelques observations dont le mérite, je l’espère, sera d’être déconnecté de la mauvaise foi partisane.

J’espère que l’indignation et la compassion face aux horreurs commises, au martyre de cette malheureuse petite victime de 12 ans et à la douleur de ses parents sont sincères et profondes chez tous. Qu’elles ne vont pas s’effacer, à peine ressenties.

J’espère que le président de la République qui a reçu les parents de Lola pour les assurer de “son soutien” et de “sa solidarité” – et il a bien fait en l’occurrence – saura ne plus s’impliquer seulement quand l’effervescence médiatique suscitée par l’ignoble le mobilisera mais en veillant à une sorte d’équité dans son écoute et ses rencontres de type régalien.

J’espère que dans les débats on échappera à la relation simpliste, globale, paresseuse et biaisée entre l’immigration, la délinquance et la criminalité. On n’a pas le droit de faire passer des tragédies singulières pour un phénomène de masse. Il y a des faits qui sont suffisamment odieux en eux-mêmes sans qu’on soit obligé de les amplifier artificiellement.

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