Les petits-enfants de la révolution iranienne - Par Mahnaz Shirali

Le 13 septembre, une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, a été tuée par la police des mœurs pour avoir commis le « crime » de mal porter le voile islamique. Depuis l’annonce officielle de sa mort, d’une prétendue crise cardiaque, la rue iranienne ne décolère pas et crie sans relâche son ras-le-bol.


Les deux dernières décennies iraniennes ont été riches en révoltes : du mouvement vert en 2009 aux contestations à la hausse du prix de l’essence en 2019 qui ont dégénéré dans des massacres à huit-clos, les Iraniens n’ont pas cessé de contester le régime des mollahs. Pourtant la vague de protestations qui secoue le pays depuis mi-septembre semble être sans précédent par sa pérennité et son ampleur. Après les grandes manifestations de 2019 qui ont été réprimées en trois jours, avec des milliers de victimes, c’est la première révolte des Iraniens contre le régime islamique qui dure plusieurs semaines, en se développant jour après jour. C’est aussi la première fois depuis l’avènement de la République islamique que les manifestations anti-régimes sont portées par toutes les classes sociales. Du nord au sud du pays, les riches et les pauvres participent aux manifestations qui dépassent les frontières socio-professionnelles. Les étudiants et les lycéens, souvent accompagnés de leurs aînés, se sont solidarisés pour revendiquer leur droit à vivre librement, sans les contraintes que le régime leur impose au nom de l’islam.