Diesel, nucléaire, automobile, logement... Le poids de l’écologie radicale pourrait mener la France au fiasco - Par Jean-Marc Sylvestre

L’obsession d’une mutation énergétique trop rapide passant par l’abandon de l’automobile et l’arrêt du nucléaire a créé dans ce pays une anxiété sourde qui perturbe l’avenir du système économique.

Le poids des mouvements écologistes français soutenus par la gauche a sans doute créé une situation économique et sociale qui va devenir insupportable. Un peu comme en Allemagne où les Verts ont conduit le modèle allemand dans le piège du gaz russe.

L’Allemagne, dont toute l’Europe a vanté l’efficacité de son économie pendant les 20 dernières années, a évidemment profité des réformes de structure engagées par les lois Hartz entre 2002 et 2005. Ces lois ont modifié les conditions de l’assurance chômage, des systèmes de retraite et de l’assurance maladie. Elles ont incontestablement participé à l’amélioration de la productivité de l’industrie allemande et par conséquent, de sa compétitivité à un moment où la mondialisation s’est accélérée. Mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’au même moment, la gouvernance allemande a cédé aux « Verts » dont elle avait besoin pour faire sa majorité, une modification radicale de sa politique énergétique. C’est à ce moment-là que l’Allemagne a fermé ses centrales nucléaires et a engagé une conversion de son système de production vers des sources d’énergies renouvelables: le soleil et l’éolien. Mais comme aucune de ces sources ne peut garantir une régularité d’approvisionnement (faute de soleil et de vent), il a bien fallu s’assurer d’autres sources d’énergie. D’où le gaz. C’est à ce moment-là que la Russie est entrée avec un lobbying incroyablement efficace au cœur de la classe politique allemande (et notamment les Verts) et une offre de prix imbattable qui a séduit l’industrie d’outre-Rhin.

C’est à ce moment-là que la Russie est devenue le premier fournisseur d’énergie en Allemagne (60 % de ses besoins) à des conditions qui garantissaient sa compétitivité.Le lobbying des Russes via l’Allemagne a d’ailleurs contaminé une partie de l’Europe du Nord et encouragé partout les écologistes dans leur radicalité à s’opposer au pétrole et au nucléaire.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, l’Allemagne se retrouve complètement coincée en découvrant le projet politique que les Russes préparaient.Projet inacceptable. Donc les Allemands se retournent vers les Européens qu’ils appellent à l’aide pour trouver des sources alternatives et même relancer les chantiers nucléaires. Un comble. Même Greta Thunberga reconnu qu’il fallait peut-être changer d’orientation.