Sécurité : quand l’État n’a même plus les moyens d’assurer le régalien - Par Sylvain Dijon-Leandro

On pense généralement que la sécurité est un monopole de l’État ou un pouvoir strictement régalien. Et si ce n’était plus le cas ?

La sécurité est régulièrement classée dans les divers baromètres parmi les deux ou trois priorités des Français.

Le problème avec la sécurité, c’est que trop souvent on en parle au travers du prisme du fait divers et sans pouvoir éviter le sentimentalisme de rigueur. Un autre problème c’est qu’on pense généralement qu’elle est un monopole de l’État ou un pouvoir strictement régalien

La sécurité, monopole d’État

Et si ce n’était plus le cas ?

Nous avons tous en tête les images de cette finale de Ligue des Champions du 28 mai dernier au Stade de France, commencée avec 36 minutes de retard : fiasco historique du maintien de l’ordre et défaillance d’un préfet de Police contesté.

Rappelons également qu’en 2023 et 2024 la France accueillera deux compétitions majeures : la Coupe du monde de rugby puis les Jeux Olympiques.

Ce match du 28 mai devait être une grande répétition générale. Il avait d’ailleurs été présenté comme tel par les autorités, qui se sont ridiculisées, ni plus ni moins.

Depuis cet été tous les acteurs s’agitent pour rassurer et trouver des solutions.

Le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques s’est réuni, un nouveau préfet de Police de Paris a été nommé, le ministère de l’Intérieur a préparé des annonces pour la rentrée de septembre.

Nous sommes en droit de nous demander si notre pays parviendra à assurer ces rendez-vous majeurs sans accrocs et surtout nous interroger sur les causes profondes du problème. Pour cela et comme bien souvent, il faut regarder en arrière pour identifier des éléments de réponse.