Nicolas Baverez: «Ne perdons pas l’Afrique!»


La France, qui avait des relations privilégiées avec son «pré carré» d’Afrique de l’Ouest, s’est trouvée déstabilisée par l’émergence d’une Afrique globale.


L’Afrique concentre tous les grands enjeux du XXIe siècle. Elle comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050 et sera le seul continent jeune dans un monde vieillissant. Alors qu’elle avait décollé dans les années 2000 avec une croissance de 5,5 % par an supérieure à la progression de la population, son développement a été télescopé par la pandémie et surtout la crise alimentaire provoquée par l’invasion de l’Ukraine - ces chocs soulignant sa dépendance aux importations pour la santé et les céréales.

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Le continent possède par ailleurs d’immenses ressources en énergie et en métaux rares qui sont clés pour la révolution numérique comme pour la transition écologique. Il est particulièrement exposé au réchauffement climatique alors qu’il ne produit que 2 % des émissions de la planète. Enfin, l’Afrique se trouve confrontée à un double mouvement de régression de la démocratie, sous l’effet de la multiplication des régimes autoritaires et des coups d’État, et de déstabilisation par le djihadisme qui progresse le long de la côte est jusqu’au Mozambique et à l’ouest vers le golfe de Guinée.