La présence française en Afrique noire, commencée de façon intense dans les années 1880, est en train de s’effacer. Le rêve colonial, porté par les républicains et poursuivi par les universalistes, se brise face aux réveils des peuples. L’armée française a dû quitter le Mali, laissant le pays dans un état guère différent de celui qui était le sien en 2013. La France a aussi quitté la Centrafrique, sans que le pays ne retrouve une quelconque stabilité. Ne reste donc que quelques pays du golfe de Guinée, notamment le Burkina Faso, où la situation empire, et la Côte d’Ivoire, toujours perçu comme la perle de l’Empire, du moins ce qu’il en reste.
Après la colonisation politique, achevée pour l’essentiel en 1960, la France a cru bon de se livrer à une colonisation humanitaire. Il s’agissait cette fois-ci d’apporter et la démocratie et le développement, mot magique qui suffit à justifier toutes les dépenses et qui interdit tout regard analytique. S’interroger sur la réalité de ce « développement » classe aussitôt dans le camp des personnes inhumaines. Qui pourrait en effet être contre le développement des pays pauvres ? Pourtant, à partir du moment où celui-ci se fait avec des fonds publics, et non pas de l’argent privé, il est normal que la population française soit informée des dépenses et des résultats obtenus.