Maxime Tandonnet: «Pendant que le pays souffre, que fait la classe dirigeante française?»
L'essayiste se désole du fossé qui se creuse chaque jour un peu plus entre les élites dirigeantes et la vie quotidienne des Français.
Depuis au moins un demi-siècle, jamais la société française n'avait été confrontée à une telle conjonction de difficultés quotidiennes et d'angoisses pour l'avenir. Par-delà tous les aveuglements et les dénis, la France est un pays qui souffre en ce moment – même s'il n'est pas le seul ni le plus à plaindre et même si ses dirigeants actuels ne sont pas, loin de là, les seuls responsables de ce malaise. Son école fait naufrage comme le confirment la crise des vocations de professeurs, les classements internationaux (élèves français avant-derniers de l'OCDE en mathématiques selon Timss, 23e en lecture et compréhension de texte). Les flux migratoires (271.000 premiers titres de séjour et 121.000 demandeurs d'asile en 2021) ne donnent aucun signe de répit. Le chômage reste à un niveau considérable de 5,2 millions de personnes (pôle emploi). La désindustrialisation poursuit ses ravages (déficit commercial annuel de 100 milliards, record absolu en Europe). Les violences continuent d'augmenter (agressions sexuelles, coups et blessures). La dette publique atteint des sommets (116% du PIB), tout comme la misère (plus de 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté d'après l’Insee). L'effondrement du système sanitaire et hospitalier s'est révélé dans toute son ampleur pendant l'épidémie de Covid-19.
La classe dirigeante française cultive les polémiques et les sujets de déchirement – qui visent à faire oublier le reste – à l'image de la « répartition » des migrants ou de la généralisation des éoliennes.
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