Allemagne : une réussite en trompe l’œil

Il faut faire attention aux conclusion hâtives. L’Allemagne a annoncé une baisse de près de 10% de ses émissions de CO2 l’an dernier avec notamment une production d’électricité assurée à 56% par les renouvelables et une baisse significative de la consommation de charbon. Le charbon a été remplacé par les renouvelables mais aussi le gaz naturel et l’électricité nucléaire importée… notamment de France. Mais cette performance appréciable, l’Allemagne la doit aussi et surtout à la chute de son activité industrielle handicapée par des prix de l’énergie trop élevés. Et dans les domaines du logement et des transports, les émissions ne baissent pas. L’Energiewende, la révolution énergétique allemande, qui a englouti 600 milliards d’euros en une quinzaine d’année n’est toujours pas le modèle qu’on veut nous faire croire…


En apparence, les 600 milliards d’euros investis dans la fameuse révolution énergétique allemande, l’Energiewende, finissent par porter leurs fruits. L’an dernier, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie et plus particulièrement la production d’électricité a augmenté et en conséquence les émissions de CO2 ont baissé en raison à la fois du recul de la consommation de charbon et… de la crise que traverse l’industrie allemande. Selon le bilan du groupe d’experts Agora Energiewende, la première économie européenne a émis l’an dernier 673 millions de tonnes de CO2, soit 9,8% de moins qu’en 2022, son plus bas niveau depuis environ 70 ans.
Conclusion hâtive

Le pays a produit 56% de son électricité à partir de sources d’énergies renouvelables – à savoir l’hydraulique, la biomasse, l’éolien et le solairen- contre 47,4% en 2022. La part des centrales à charbon dans la production électrique est descendue à 26,3% contre près de 34% en 2022… Les exploitants ont remplacé le charbon par des renouvelables et quand cela n’était pas possible par du gaz naturel dont la consommation dans les centrales a augmenté de 31%. Le pays a aussi importé en 2023 davantage d’électricité décarbonée, pour moitié provenant de renouvelables et pour un quart du nucléaire notamment français. « Nous sommes sur le bon chemin », s’est félicité le ministre écologiste de l’Économie et du Climat, Robert Habeck.

Une conclusion un peu hâtive. Les experts d’Agora Energiewende reconnaissent eux-mêmes que seulement 15% de la baisse des émissions de 2023 est « durable dans une perspective industrielle et climatique », c’est-à-dire liée à de véritables changements structurels. Car l’année dernière a été marquée par une chute de la production industrielle, grande consommatrice d’énergie. L’industrie allemande n’est plus compétitive à l’international et même sur son marché national du fait de prix de l’énergie bien trop élevés par rapport à ses concurrents qu’ils soient américains, asiatiques et même européens… Une PME allemande paye aujourd’hui son électricité quatre fois plus cher que son équivalent français. Une conséquence

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