Rapport Oxfam sur les super-riches : pourquoi les médias tombent tous les ans dans le même piège - Par Rainer Zitelmann

La nouvelle "étude" de l’ONG a été reprise en boucle. Pourtant, les données montrent que plus pour les super-riches ne signifie pas moins pour les pauvres, analyse le sociologue allemand Rainer Zitelmann.


Selon Oxfam, les cinq personnes les plus riches du monde valaient ensemble 405 milliards de dollars en 2020. Aujourd’hui, leur fortune s’élève à 869 milliards de dollars. Sur la même période, les milliardaires du monde entier se sont enrichis de 3 300 milliards de dollars. Les 5 milliards de personnes les plus "pauvres" du monde ont, elles, perdu 20 milliards de dollars de richesse. Voilà pour Oxfam.

Bien sûr, l’ONG a sélectionné les données qui correspondent à sa thèse. L’année 2020 a ainsi été délibérément choisie comme année de comparaison, parce que les marchés boursiers mondiaux ont connu à ce moment un effondrement massif en raison du Covid-19. Ce qui rend les gains ultérieurs des super-riches d’autant plus élevés en comparaison. Et comme le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a baissé l’année dernière (ce qui ne correspond pas à sa thèse), Oxfam a tout d’un coup utilisé une autre donnée, celle des 5 milliards les plus "pauvres". L’organisation suggère une corrélation entre ce surplus de richesse et cette pauvreté grandissante. Ce qui fait sens pour le nombre important de personnes qui souscrivent au biais de la somme nulle.