Effondrement de la production industrielle Made in Germany : et la facture de la catastrophique transition énergétique allemande arriva… - Par Damien Ernst et Daniel Kral
Alors que les écologistes français n’en finissent plus de signer des tribunes anti nucléaire et que la France peine à faire reconnaître le nucléaire sur un pied d’égalité avec les renouvelables au niveau européen, l’Allemagne subit de plein fouet les conséquences de sa sortie de l’énergie atomique.
Atlantico : Vous avez publié un graphique sur X montrant que la production industrielle en Allemagne est en forte baisse. Quels secteurs sont les plus impactés et pourquoi ?
Daniel Kral : Le récent ralentissement de l’industrie allemande a touché tous les principaux groupes industriels. Le principal frein a été les sous-industries à forte intensité énergétique comme la fabrication de produits chimiques et de papier, mais cela s'étend également à l'automobile et aux machines. La production d’énergie s’est aussi effondrée récemment, en raison de l’arrêt du nucléaire et de l’électricité moins chère disponible en France et dans les pays nordiques (j'ai donné plus de détails ici et ici). Le ralentissement actuel comporte une forte composante cyclique liée à la faiblesse de la demande, aux effets du resserrement de la politique monétaire et au déstockage, mais une partie de la perte de production, en particulier dans les industries à forte intensité énergétique, est susceptible de se révéler comme étant de nature structurelle.
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Quels sont les principaux secteurs concernés et comment expliquer ce déclin ?
Damien Ernst : Les secteurs les plus impactés sont naturellement les secteurs industriels où l'énergie est un facteur qui influence énormément le prix de production. C'est le cas par exemple du secteur de la production du papier. Il faut énormément d'énergie pour produire du papier, à la fois de la chaleur et de l'électricité. On estime que ce secteur a fait une décroissance de plus de 20% depuis la crise ukrainienne. Toute l'industrie chimique allemande a également été terriblement impactée. Pour cette industrie, c'est la double peine. Premièrement, les processus chimiques sont souvent gourmands en énergie. Mais le gaz naturel est aussi utilisé comme matière première pour fabriquer des plastiques ou des engrais. Cette matière première est bien plus chère en Europe qu'aux Etats-Unis, d'où cette diminution de l'activité de l'industrie chimique allemande de l'ordre de 15 à 20%. Pour la fabrication de certains produits chimiques spécifiques, comme les engrais azotés fabriqués à partir de gaz naturel, la situation est même dramatique : je ne connais plus aucune unité de production qui tourne en Europe.
Damien Ernst : Les secteurs les plus impactés sont naturellement les secteurs industriels où l'énergie est un facteur qui influence énormément le prix de production. C'est le cas par exemple du secteur de la production du papier. Il faut énormément d'énergie pour produire du papier, à la fois de la chaleur et de l'électricité. On estime que ce secteur a fait une décroissance de plus de 20% depuis la crise ukrainienne. Toute l'industrie chimique allemande a également été terriblement impactée. Pour cette industrie, c'est la double peine. Premièrement, les processus chimiques sont souvent gourmands en énergie. Mais le gaz naturel est aussi utilisé comme matière première pour fabriquer des plastiques ou des engrais. Cette matière première est bien plus chère en Europe qu'aux Etats-Unis, d'où cette diminution de l'activité de l'industrie chimique allemande de l'ordre de 15 à 20%. Pour la fabrication de certains produits chimiques spécifiques, comme les engrais azotés fabriqués à partir de gaz naturel, la situation est même dramatique : je ne connais plus aucune unité de production qui tourne en Europe.
