Stratégie française pour l’Energie et le Climat : une politique malthusienne vers la décroissance et l’écologie punitive - Par François Henimann
Il est convenu de décarboner à terme notre économie, qui dépend à 58 % des énergies fossiles pour sa consommation d’énergie, pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique, et pour des raisons géopolitiques et de souveraineté liées à notre dépendance aux importations d’énergies fossiles.
Pour le moins, la voie à emprunter doit être pragmatique et ne doit pas mettre en danger la politique de réindustrialisation de la France, qui nécessite une croissance durable reposant sur un accès à un approvisionnement énergétique abondant, à un prix compétitif, et résilient aux aléas de toutes natures.
Cette politique ne doit donc pas être guidée par une « urgence climatique » qui conduirait à se fixer des objectifs excessifs et irréalistes en terme de rythme de réduction de la consommation d’énergie, de décarbonation, et de développement à marche forcée des ENR, au risque de surcoûts non supportables par notre économie et le corps social, et de passage d’une dépendance aux importations de combustibles fossiles à une dépendance à l’achat de matériaux et d’équipements provenant d’Asie, et de Chine en particulier.
Cet article[1] démontre que la stratégie proposée (SFEC)[2] par le gouvernement n’échappe pas à ce risque, en se situant dans la perspective du « fit for 55 » européen, qui s’apparente à une dangereuse fuite en avant, risquant de déstabiliser des pans entiers de l’industrie européenne.
La préparation de cette stratégie s’est appuyée sur un travail de concertation avec des groupes de travail transpartisans et de participation citoyenne, mais il est regrettable que le rapport de la Commission d’enquête parlementaire du printemps 2023 sur la perte de souveraineté énergétique de la France[3] n’ait pas été pris en compte, ce qui constitue un déficit de démocratie parlementaire incompréhensible.
