L’agriculture française : une mort par les normes - Par Aymeric Belaud

L’agriculture française est en déclin. Si la viticulture se porte plutôt bien avec les ventes de cognac, de champagne et autres vins renommés, le reste de l’agriculture française est dans une mauvaise passe. Dans les années 2000, la France était le troisième exportateur mondial. Elle est désormais classée en sixième position, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Et sa place risque de tomber encore dans le classement. Cette chute entraîne de grands désagréments : les revenus ont baissé drastiquement : un tiers des agriculteurs gagnait moins de 350 euros par mois en 2015.


Article paru le 19 septembre 2020, republié le 25 janvier 2023

Cette année-là, la Mutualité sociale agricole (MSA : la sécurité sociale du monde paysan), dénombrait 605 suicides d’agriculteurs. C’est quasiment deux suicides par jour, ce qui place cette profession comme celle qui présente le plus fort risque de passer à l’acte (un risque plus élevé de 12,6 % que toutes les autres professions). Un déclin qui a de nombreuses causes, mais notamment l’étouffement par les normes.

Si, au premier abord, la crise agricole peut s’expliquer par des prix d’achat bas de la part des intermédiaires de l’agro-alimentaire, le secteur est en réalité victime de l’excès de normes européennes et françaises ainsi que d’une suradministration qui ne faiblit pas. Sur ce sujet tous s’accordent. De la FNSEA de Christiane Lambert à la Confédération paysanne de José Bové, tous les syndicats affirment que les paysans français sont victimes d’un excès de normes.