Le retour de l’écotaxe - Par Transitions & Energies

L’abandon de l’écotaxe en 2014, par la ministre de l’Ecologie de l’époque, Ségolène Royal, et sa directrice de cabinet, une certaine Elisabeth Borne, face à la contestation des Bonnets rouges bretons a été avec le recul une décision catastrophique. Elle a coûté plus d’un milliard d’euros de dédommagements, d’indemnisations et de pertes pures et simples au contribuable. Mais le manque de recettes a été plus que compensé pour l’Etat par une augmentation de la taxe sur les carburants qui elle n’est pas payée à plus de 30% par les camions étrangers comme l’aurait été l’écotaxe. Une écotaxe bis pourrait néanmoins faire sa réapparition sous deux formes, dans les régions d’abord et ensuite via une taxe sur les tarifs des péages autoroutiers. Ces deux possibilités se trouvent dans des décrets parus en catimini à la fin de l’année dernière. Et le gouvernement laisse le cadeau empoisonné aux régions et à ses successeurs. Il faudra attendre la prochaine décennie et le renouvellement des contrats de concession autoroutiers.


L’épisode de l’écotaxe n’avait pas été un grand moment de courage et de cohérence gouvernementales. Rappelons que cette contribution financière à la transition énergétique, instaurée en 2009 par un vote quasi-unanime de l’Assemblée nationale, devait entrer en vigueur en 2014. Elle concernait les camions de plus de 3,5 tonnes identifiés via des portiques installés sur les 15.000 kilomètres de grands axes routiers du pays. Elle taxait tous les véhicules circulant en France, y compris étrangers.

Mais elle s’était heurtée à une opposition farouche des Bonnets rouges bretons. Une sorte de prélude au mouvement des Gilets jaunes quatre ans plus tard. Résultat, l’écotaxe a été abandonnée en rase campagne par la Ministre de l’écologie de l’époque, Ségolène Royal, et sa directrice de cabinet, une certaine Elisabeth Borne.

« Un gâchis patrimonial, social et industriel »

La décision de créer l’écotaxe et celle de l’abandonner purement et simplement ont été dans un cas comme dans l’autre « prises dans la précipitation » sans « qu’aucune analyse préalable de la portée de cette décision n’ait été prise » écrivait la Cour des comptes en 2017.

Et qui a payé l’addition ? Le contribuable. Selon les calculs de la Cour des comptes, la facture des différentes indemnisations, dédommagements et équipements vendus à la casse s’est élevée à plus d’un milliard d’euros. Ainsi, par exemple, les portiques et autres éléments qui valaient 652 millions d’euros ont été finalement vendus pour 2,19 millions d’euros…

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