Vague de froid : la revanche de la France sur l’Allemagne - Par Géraldine Woessner

Alors que le vortex polaire s’étend sur l’Europe, les centrales fossiles tournent à plein régime outre-Rhin, mettant en échec la politique climatique de Berlin.


Le 3 janvier, une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP) l'annonçait en fanfare, reprise par tous les journaux radiotélévisés de France : en Allemagne, « les énergies renouvelables ont pour la première fois couvert plus de la moitié de la production d'électricité en 2023 », claironnait un éditorialiste enthousiaste, reprenant in extenso le communiqué triomphant de la Bundesnetzagentur, le régulateur allemand de l'énergie. Imaginez : 55 % de l'électricité produite l'a été à partir de ressources renouvelables, gloire à Berlin !, érigée en « modèle de transition écologique » par le ban et l'arrière-ban d'EELV, s'alarmant sur toutes les antennes du « retard coupable » pris par la France en matière de développement des ENR, selon les mots de l'eurodéputé David Cormand.

Las… Énième illustration d'un discours tellement obnubilé par son rejet du nucléaire (que devraient remplacer éolien et photovoltaïque) qu'il confine à l'absurde : en 2023, l'intensité carbone du mix électrique allemand atteignait 417 grammes de CO2 par kWh produit, soit exactement le même impact qu'en 2019, selon les données d'ElectricityMaps… Quand la France, sur le podium des meilleurs élèves, n'émettait en moyenne sur l'année que 59 gCO2eq/kWh, soit sept fois moins.

Un échec à 600 milliards

Il aura fallu que le mercure plonge, ce lundi 8 janvier, pour que la réalité se venge et s'impose brutalement : dès 7 heures, pour tromper le froid mordant à la pointe du matin, les centrales à gaz et à lignite allemandes se sont mises à cracher, fournissant à l'Allemagne plus de 44 % de l'électricité disponible… seuls 32 % venant des éoliennes, dont moins d'un tiers, en dépit du vent, parvenaient à tourner. Intensité carbone de l'ensemble : 477 gCO2/kWh produit. Un bilan désastreux, sensiblement amélioré par la France, qui exportait au même moment vers l'Allemagne 5,45 % de l'électricité qui y était consommée – une électricité, grâce au nucléaire, largement décarbonée.

Vague de froid : la revanche de la France sur l’Allemagne (lepoint.fr)

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